France 2
 

Rédaction
9 avril 2008

"La cour des grands", qui retrace une année scolaire dans une école, s'inscrit dans le mouvement de renouveau de la fiction française: l'essai n'est pas complètement transformé mais la série a le mérite de sortir des sentiers battus, loin de "L'Instit" et autres héros positifs. Chacun des six épisodes, diffusés sur France 2 et réalisés par Christophe Barraud, s'attache plus particulièrement à un enfant. Mais on retrouve au fil de la série les mêmes écoliers et surtout le personnel de l'école, de la directrice aux instituteurs, en passant par le gardien. Il ne s'agit pas d'une "chronique" sur une année scolaire ni d'une fiction sur l'éducation nationale, explique la productrice Sophie Révil. Le concepteur de "La cour des grands", Didier Cohen, un ancien professeur devenu écrivain et scénariste, dit avoir voulu raconter les histoires des "personnages ordinaires" que sont les instituteurs, loin de tout manichéisme. Pour lui, "La cour des grands", dont il a coécrit le scénario avec sa fille Clélia, est "l'anti +Instit+". Cette célèbre série de France 2, regardée par des millions de téléspectateurs de 1993 à 2005, mettait en scène Victor Novak (Gérard Klein), un instit au grand coeur qui parcourait la France au gré de ses remplacements et soulageait la détresse de ses petits élèves. Victor Novak était pourtant né lui aussi sous la plume de Didier Cohen. Mais la différence entre cette nouvelle série et "L'Instit" réside, selon lui, dans "la complexité des personnages de +La cour des grands+ dont chacun recèle des zones d'ombre". Les instits de cette nouvelle série "ne sont plus des héros positifs", mais "des personnages attachants, bien que leur comportement puisse parfois indigner". "Je ne renie pas +L'Instit+, mais la télévision et le public évoluent", déclare-t-il. On était, selon lui, "arrivé à saturation de ces héros citoyens", auxquels les séries américaines ont donné un sérieux coup de vieux. "La fiction française est actuellement dans la même situation de crise qu'au début des années 80", ajoute Didier Cohen. "Maigret" et "Les cinq dernières minutes" dominaient alors la fiction télévisée, avant d'être peu à peu remplacés par des séries alors novatrices, comme "Série noire" ou "Navarro". "La cour des grands" se veut plus authentique que les précédentes séries se déroulant dans l'univers scolaire: les films ont été tournés dans une véritable école de La Seyne-sur-Mer (Var), les caméras se déplacent librement dans les salles de classe, et les figurants sont les écoliers et les parents d'élèves. La succession de drames (suicide d'un instituteur, enfant grièvement blessé, détenu en cavale, prise d'otage à l'école...) nuit parfois au parti pris d'authenticité. Contrairement à celles de "L'Instit", les histoires de "La cour des grands" ne finissent pas toujours bien.

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